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À quoi ressemblaient les vélos à la fin du 19ème siècle ?

À quoi ressemblaient les vélos à la fin du 19ème siècle ?

5. 8. 2019

L’Étape du Tour est une course réservée aux amateurs, qui permet, depuis 1993, aux cyclistes du monde entier de découvrir l’atmosphère incroyable du Tour de France.

Sur des routes fermées, avec un service médical et des véhicules de support à leur disposition, la grande majorité des participants mettent toutes les chances de leur côté en utilisant du matériel et des vélos à la pointe de la technologie. Mais pour d’autres, comme Vladimír Vidim, la motivation est tout à fait différente. Ce qui l’a incité à participer à l’épreuve, c’est le plaisir authentique de faire revivre une pièce unique, fruit d’un vrai travail artisanal, en l’occurrence un vélo légendaire apparu voici plus de 120 ans.

Cycliste de longue date, designer spécialisé dans la construction et bricoleur avisé, Vladimír Vidim ne peut imaginer à 54 ans sa vie sans vélo, au point même qu’il a appris comment concevoir lui-même des vélos, depuis les premiers croquis jusqu’à obtenir un vélo totalement fonctionnel. Ce qu’il préfère, ce sont les ancêtres des vélos et leurs répliques, notamment les premiers vélocipèdes à pédales, baptisés « secoueurs d’os » tant leur confort était rudimentaire, et les fameux grands-bis. En plus de s’adonner à sa passion de construire des vélos dans son petit atelier situé à Roztoky, près de Prague, Vladimír a aussi été coureur, disputant des épreuves organisées sous l’égide de l’UAC, la fédération cycliste amateur tchèque. Aujourd’hui, il s’occupe également de la formation de jeunes cyclistes de moins de 17 ans au sein du club Prague Dukla, se chargeant aussi de l’entretien de leurs vélos. Et enfin, il détient aussi plusieurs records, comme celui d’avoir chevauché un grand-bi durant 23 heures sans interruption et parcouru 470 kilomètres. C’est un exploit qu’il a réalisé avec l’aide de plusieurs amis qui le précédaient et l’avertissaient en cas de route fermée, de passage à niveau, etc.

Sa dernière création, c’est une réplique quasiment à l’identique du tout premier Laurin & Klement Slavia, un vélo conçu quasiment à partir d’une feuille blanche. Cette pièce unique n’était pas simplement destinée à être exposée dans un musée ou une collection privée puisqu’il voulait disputer à son guidon l’Étape du Tour. L’atelier de vélocipèdes Laurin & Klement a été fondé en 1895 par deux entrepreneurs, Václav Laurin et Václav Klement, au cœur du Royaume de Bohême. Leur premier modèle fut ce fameux Slavia. Au fil des ans, le petit atelier se développait pour devenir le constructeur automobile que nous connaissons aujourd’hui, ŠKODA AUTO, qui est resté fidèle à ses racines et qui soutient activement de nombreuses courses cyclistes.

Alors, pourquoi le Slavia et pourquoi l’Étape du Tour ? Quand Vladimír rejoint ses amis autour d’une bière, la conversation gravite toujours autour du vélo et des plus belles courses de la saison, notamment le Tour de France. Et voilà comment tout a débuté un jour, lors d’une conversation banale. « On s’est dit que vu que ŠKODA sponsorise le Tour de France, ce serait génial de faire revivre cette légende [le Slavia] et de l’utiliser pour disputer une étape du Tour », explique Vladimir.

Sur le papier, le projet paraissait relativement simple, mais faire revivre ce fameux Slavia s’avéra tout sauf facile. Contrairement à ce que pensaient au départ les amis de Vladimír et les experts, il s’avéra impossible de retrouver le moindre exemplaire d’origine de ce vélo, que ce soit dans un musée ou chez des collectionneurs, pour l’utiliser comme modèle : « On a vu que personne ne savait si on pouvait encore dénicher un exemplaire du Slavia et notre projet s’est retrouvé alors dans une impasse ».

Finalement, Vladimír mesura les dimensions et les angles du vélo sur la base de photos d’époque, ce qui était évidemment un sacré challenge, les clichés en noir et blanc manquant de précision. De ses propres mains, il moula un cadre et utilisa un tour pour fabriquer les poignées en bois. Il lui fallut trois mois pour imaginer ce vélo et encore trois semaines de plus pour déterminer la meilleure manière de le construire. Par ailleurs, Vladimír se cassa le poignet et dut travailler durant six semaines à une seule main. « Heureusement, je pouvais manipuler le tour et la meule d’une main », sourit Vladimír, d’un naturel toujours optimiste. Mais tous ses efforts ont été récompensés. La réplique du Slavia est parfaitement fonctionnelle. Une copie destinée à un musée aurait été réalisée bien plus rapidement. Cette réplique du Slavia devait en effet pouvoir résister à des contraintes très élevées et supporter le poids d’un coureur de 90 kg pour une étape de montagne d’environ 135 km.

« Nous pensions au début équiper le Slavia de freins, pour des raisons de sécurité, mais il aurait fallu pour cela s’éloigner du concept originel et ce n’était pas une bonne idée », poursuit Vladimír, qui a suivi un programme d’entraînement précis en vue de disputer cette Étape du Tour avec son vélo de 18 kg.

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