Cycling

Comment s’entraînent les meilleurs sprinters

Comment s’entraînent les meilleurs sprinters

4. 4. 2019

La première chose à savoir sur le sprint des courses cyclistes, c’est qu’il ne s’agit pas uniquement de pointe de vitesse dans les tout derniers mètres avant la ligne d’arrivée.

Le sprinter doit être en bonne position dans le peloton de tête qui va lancer le sprint : il ne peut en aucun cas être coincé à la cinquantième ou à la quatre-vingtième place, mais il ne doit pas non plus être en tête.

Le sprinter doit déployer de nombreux efforts pour occuper une bonne position dans le peloton, des efforts souvent très intenses et parfois même à la limite du seuil lactique. Au Tour de France, par exemple, le sprinter doit gravir des cols et très vite récupérer. Après une étape difficile, il doit être en forme pour pouvoir sprinter le lendemain.

Trois éléments entrent en considération dans le sprint : le positionnement, l’accélération et le sprint final à vitesse très élevée. Si vous n’êtes pas en bonne position, vous ne pouvez pas gagner. Trouver cette bonne position se révèle particulièrement important pour les deux derniers kilomètres de la course. Une accélération au bon moment peut vite vous donner une ou deux longueurs d’avance sur vos adversaires qui éprouveront ainsi plus de difficulté pour rester dans votre roue. Lors d’un sprint final, il convient de maintenir une vitesse élevée. La plupart des cyclistes s’entraînent pour placer cette puissance de sprint au bon moment : tout est surtout question de cadence plutôt que de force.

Michael Matthews portant le maillot vert lors du Tour de France. © Profimedia, AFP

Pour un sprinter, il est souvent question de développer sa puissance hors-saison et en début de saison, tant en salle de sport que sur son vélo. L’accent est placé sur la force et l’explosivité. Une partie de l’entraînement sur route consiste à sprinter dans un rapport moins élevé afin de pouvoir accélérer assez facilement. C’est une partie de l’entraînement importante afin d’apprendre à poursuivre son accélération tout au long du sprint. Sur la route, l’accent est placé sur une vitesse des jambes plus élevées ainsi que sur une amélioration de la puissance en d'assurer de meilleures performances.

Les meilleurs sprinters s’entraînent naturellement pour gagner des prix importants. Et pour les courses sur route, un sprinter ne peut sans doute rêver mieux que de remporter une ou deux étapes sur sprint au Tour de France. Leur rêve ultime ? Obtenir le titre du classement par points de ce même Tour. Le coureur slovaque, Peter Sagan, six fois vainqueur du maillot vert au cours des sept dernières années, a montré qu’un coureur qui sacrifie un peu de vitesse pour de l’endurance et qui dispose de capacités moyennes de grimpeur, peut battre des sprinters purs.

Un entraînement de sprinter pour le Tour de France commence en janvier, en vue d’améliorer son lead-out, mais sans égaliser le niveau de stress physique de la course. En février, le coureur participe à une course par étapes pour améliorer ses conditions aérobiques et tester son « train de sprint » dans des conditions de course.

Peter Sagan, après sa victoire à la 116ème édition de Paris-Roubaix, le 8 avril 2018 à Compiègne. © Profimedia, AFP

En mars et en avril, le sprinter se fixe des objectifs dans les classiques du printemps, comme Milan-San Remo. Ensuite il choisit avec soin les grandes classiques dans les Ardennes, comme la Flèche wallonne. Il évitera de préférence les courses avec de longs tronçons de pavés pour éviter toute chute et donc tout risque de blessure. En mai, le sprinter s’entraîne en altitude et en juin, il opte pour une autre course à étapes pour améliorer sa condition physique et affiner les performances de son train de sprint avant le début du Tour.

Le coureur australien Michael Matthews de l’équipe Sunweb a déclaré qu’un stage en altitude l’a aidé à arriver au Tour en forme. « Les blocs intensifs et l’entraînement au sprint me conviennent, car ils me permettent d’améliorer mon explosivité quand j’en ai besoin. », explique-t-il. Pour augmenter sa vitesse, il recommande les entraînements en bloc. « Ainsi, votre corps s’habitue à l’effort et à la souffrance, mais il peut également récupérer rapidement. »

Mark Cavendish a remporté trente étapes individuelles de Tour de France et est arrivé une fois en tête du classement par points. Parmi ses méthodes d’entraînement utilisées au fil des ans figure le demi-fond sur route et sur piste, comme lorsqu’il s’est entraîné avec l’équipe de poursuite britannique pour le Tour de 2016 après deux ans avec une seule victoire d’étape au compteur au Tour et aucun au Giro. Lors du Tour 2016, Cavendish a remporté trois des six premières étapes et une quatrième, un peu plus tard.

Mark Cavendish (Team Dimension Data) lors de la 4ème étape du 103ème Tour de France, le 5 juillet 2016. © Profimedia

L’ancien coéquipier Rob Hayles a déclaré à Cycling Weekly que l’entraînement avec les coureurs sur piste a permis à Cavendish de retrouver sa forme d’une manière impressionnante. « Les pisteurs font parfois des blocs un peu plus longs, cinq kilomètres au lieu de quatre, sur des vélos avec des rapports plus petits afin d’accroître la vitesse des jambes », explique-t-il . « Il y a aussi les intervalles à un rythme plus élevé (plus rapide que la vitesse sur quatre kilomètres) et sur des vélos avec un rapport plus difficile. Cav choisit normalement un rapport plus faible que celui des pisteurs. Il est ici question de souplesse des jambes pour s’habituer à l’accélération. »

Le demi-fond sur piste peut se faire à une intensité plus élevée que sur la route, confie Hayles. « Sur la piste, la cadence du coureur est plus élevée que sur la route en raison des obstacles que vous pouvez y rencontrer. Tout cela contribue à un bon entraînement, non seulement pour les jambes, mais également pour le dos, les muscles fessiers, les bras et les épaules. Ton corps est plus fort. »

L’élément le plus difficile de l’entraînement au sprint reste probablement la préparation de l’état mental. Selon Tim Cusick, entraîneur cycliste sur route, « Le sprint est une expérience chaotique, explosive qui vous met au défi de repousser les limites physiques tout en naviguant dans un champ de mines avec des risques potentiels de sécurité. Les sprinters doivent avoir le courage d’aller chercher la victoire et leur mental doit être totalement focalisé sur le sprint. »

Dernières nouvelles

Toutes les nouvelles